10 €/mois= former une chef de groupe à gérer ses 20 quilteuses

Les limites du commerce équitable PDF Print E-mail

Mékong-Quilts ne ferait peut-être pas de bénéfices s’il n’y avait pas les volontaires et bénévoles pour aider à la vente et la promotion. Viêt Nam Plus a acheté ses produits à perte pendant des années, et continue de veiller au bon fonctionnement des groupes de quilteuses qui gèrent beaucoup d’argent, avec une faible éducation… Ca marche donc parce qu’on s’appuie sur les programmes de développement communautaire bien établis dans les mêmes villages. « Puisque cela marche si bien, vous exportez ? » Si peu. Un quilt vendu 100 euros à Saigon, générant une belle marge qui sera utilisée pour financer des projets sociaux, doit être vendue 400-500 euros en Occident pour couvrir les lourdes charges! Certains réseaux équitables adoptent des méthodes qui ressemblent à celle des circuits ordinaires pour survivre, laissant un avantage minime aux producteurs du tiers monde. Les producteurs sont mis sous pression : « Vous êtes trop chers, les Indiens font mieux ». Il faut rogner à la production puis… multiplier le coût producteur par 10 pour couvrir les frais en Occident... la faille du système.

Terre d’Oc cherchait un partenaire et prospectait par… Internet. Viêt Nam Plus a saisi la balle au bond, a organisé la visite grâce à ses cadres parlant plusieurs langues, et veille aujourd’hui au bon déroulement des opérations grâce à des échanges quasi quotidiens par Internet. Thiên Chí fait des avances pour l’achat de matières premières, et suit la production comme la qualité plusieurs fois par semaine. Sans l'incroyable volontarisme de Terre d'Oc, sans l'aide quotidienne et qualifiée de Thiện Chí, rien n'aurait pu marcher.

Pour FLO ce fut pire: la Fair Trade Label Organization, l’organisation du label équitable pour les produits alimentaires. Impossible pour une petite coopérative de se débrouiller seule : les documents sont en anglais, que personne ne comprend. Cela coûte très cher : 2500 €, et il faut un compte en devises, une facture acceptée par les banques vietnamiennes… Après 6 mois d’échanges par mél, FLO a finalement envoyé un expert avant la récolte, mais a pris plus de 4 mois pour faire son rapport ! Trop tard pour les paysans, une année de récolte de perdue ! Sans une ONG pour les aider et les guider, les paysans auraient été perdus.

Conclusion : le commerce équitable n’est qu'une partie de la solution, mais toutes les contributions sont si importantes !

 
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