|
Un mythe : les actions santé (comme les bourses scolaires etc.) sont un puits sans fond. Bien sûr elles ne rapportent pas d’intérêts, il n’y a pas de remboursements comme avec le micro crédit. Ce qui importe cependant c’est le bien être des gens, pas le portefeuille du programme.
Hoa a été abandonnée par son mari et nourrit 3 jeunes enfants. Pas un lopin de terre à elle, il lui reste à se louer comme journalière. Hélas elle souffrait d’asthme, autant dire qu’elle était la dernière à être embauchée ! Hàng, responsable du programme de Dúc linh, l’a accompagnée chez un spécialiste à Saigon : le tout a coûté un dizaine d’euros. Mais Hoa est maintenant capable de travailler dur, et Hàng lui a fait un micro crédit pour élever des cochons. Chez Phú la gamine a un problème cardiaque. Tous les 2 mois elle l’emmène à Saigon pour ses médicaments, ça coûte très cher. Ils ont déjà vendus toutes leurs terres, ils n’y arrivent pas. Alternative choisie par Lý : mobiliser la famille, les voisins, la paroisse, la commune et au-delà pour payer la coûteuse opération de la fillette. C’est fait, Lý a pu arrêter l’hémorragie financière du ménage.Tant que les gens ont de l’espoir ils font tout pour sauver la personne, et vendent terres, bétail, maison…
Autrement, il faut se résigner. Luong a un mari alcoolique et 2 enfants. Essayant de récolter un jacquier, elle est tombée de l’arbre. Avec de multiples et graves fractures, elle a été emmenée à l’hôpital principal de Saigon. En pleine opération le chirurgien demande 900 euros à la famille : ils ne les ont pas. Le médecin referme à peine son travail, affirmant qu’elle n’a aucune chance de s’en tirer, et Luong est recouchée dans le minibus, repart cahotante pendant 4 heures vers le village où la famille décide d’abréger ses souffrances en restreignant la nourriture. Mais elle survit et se remet! Aidée par son groupe épargne crédit, elle s’en sort très doucement. Elle ne veut pas retourner à l’hôpital. |