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Le Vietnam est encore un "PMA" (pays moins avancé) mais plus pour longtemps: actuellement le Produit Intérieur Brut (PIB) dépasse 720$ (2007) et on estime qu'il dépassera le seuil des 1000$ avant 2010: il deviendra alors moins prioritaire pour l'aide; certains pays (Belgique et France notamment), réduisent déjà leur aide.
Non seulement la croissance du pays est forte (6-8%/an) mais aussi
il a une politique volontariste de réduction de la pauvreté (le seuil
étant de 120 €/personne/an), qui est passée de 40 à 10% environ en une
quinzaine d’années. Le Vietnam est cité en exemple par beaucoup
d’organisations d’aide, y compris la Banque Mondiale et le Fonds
Monétaire (dont le Vietnam s’est abstenu de suivre les conseils à
plusieurs reprises).
Plus qu’ailleurs, « quand l’eau monte, tous les bateaux montent avec » : rares sont ceux qui ne profitent pas du développement du pays. Même si les écarts vont croissants : dans les campagnes, mais surtout aussi entre villes et campagnes : les 20% les plus riches avaient des revenus 7,6 fois plus importants que les 20% les plus pauvres en 1999, 8,3 plus en 2004 et 8,4 plus en 2006. Au Vietnam les ONG doivent trouver un accord avec les autorités pour travailleAr. Traditionnellement le gouvernement utilise la méthode haut->bas, autoritaire et peu participative. Les ONG peuvent apporter une approche plus efficace, tenant mieux compte des gens. Quand il n’y a pas accord, il faut se retirer : Viêt Nam Plus s’est retiré de Dông Nai (corruption), Vinh Long (désaccord sur la priorité à donner aux plus pauvres) et Dong Thap (idem).
Contexte du Viêtnam
| Des progrès substantiels liés à l'ouverture économique |
La politique doi moi (renouveau) mise en place depuis 1987 visant à instaurer la loi du marché a permis à l'économie viêtnamienne de faire d'énormes progrès : l'inflation est maîtrisée (4-6% environ depuis) et le PNB croit à la vitesse de 6-8%/an. Le PNB, en US$ par personne, est passé de 130 en 1991 à plus de 700$ en 2007.
Plus de données sur http://www.undp.org.vn/undpLive/Content/UNDP/About-Viet-Nam/Viet-Nam-at-a-Glance-fact-page
 Source: http://www.vvg-vietnam.com/economics_cvr.htm
Malgré certaines difficultés pratiques, le Viêtnam a bénéficié de plusieurs programmes d'investissements étrangers ; il est devenu un des premiers exportateurs mondiaux pour plusieurs denrées comme le riz, les noix de cajou, le poivre, le café etc. En regard de cette progression, certains l'ont désigné trop hâtivement "tigre" en comparant avec les quatre "dragons" que sont Taiwan, Hong Kong, Singapour et la Corée du Sud.
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| Le Viêtnam est un des pays les plus pauvres et peuplés du monde
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Cette croissance rapide a été couplée avec une politique volontariste de baisse de la pauvreté, même si un petit nombre sont laissés à l'écart des bénéfices de la croissance. Leur situation est d'autant plus dure que les services publics sont presque toujours payants et relativement chers. Les inégalités socio-économiques sont devenues très importantes. 64% de la population vit avec moins de 2$/jour et 18% avec moins de 1$. Le Viêtnam est dans les vingt premiers pays en terme de population.
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| Une progression économique régulière grâce à une gestion relativement raisonnable |
Pourtant pénalisé par un retard économique dû à la lente et difficile gestion de la transition du système planifié à celui du marché ouvert, le Viêt Nam a bien traversé la crise qui a frappé l'ensemble du Sud-Est asiatique (1997), essentiellement par une limitation des importations. Il a plusieurs fois fait fi des "conseils" du Fonds Monétaire International, avec succès.
Avec une forte dévaluation de leur monnaie, d'autres pays de la région sont devenus de redoutables concurrents. La fin de l'accord multi-fibres et des quotas rend le pays vulnérable face à la Chine. Les faiblesses du Vietnam sont un environnement légal incertain, des infrastructures et une taille de marché moins attractives pour les investisseurs étrangers.
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Le Viêt Nam est au 109 rang selon l'index du développement humain (IDH, 2006), juste derrière l'Algérie, devant l'Indonésie et loin devant le Maroc. Voici d'autres indicateurs comparatifs :
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France | Viêt Nam | Chine | Thailande |
Population (millions) Croissance démographique |
60 0,4 % |
81 1,3 % |
1.295 0,6 % |
62 1,5 % |
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PPP (pouvoir d'achat pondéré) Croissance du PIB /hbt Mesure de l'inégalité économique (Gini: égalité parfaite= zéro) Rapport entre le revenu: 20% les plus riches / 20% les plus pauvres
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26.920 1,6 % 33 5,6 |
2300 6% 36 5,6 |
4.580 9 % 45 11 |
7.010 3 % 43 8,3 |
Sources : 2002 & 2003, Nations Unies http://hdr.undp.org/statistics/data/index_countries.cfm
Contexte des Projets
| Pauvreté de la population dans des régions reculées |
Avec une population en augmentation de 62 % depuis 1975, les migrations internes ont été très importantes, notamment du Nord et du Centre vers le Sud, mais aussi vers les forêts. Cela a détruit beaucoup de forêts et a mis la pression sur les minorités ethniques qui souvent ont perdu leurs terres.
Les zones reculées sont parfois d'accès difficile et n'ont que des équipements sommaires: eau potable, route, dispensaire et école.
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Les habitants se retrouvent isolés dans le combat de survie quotidien.
| Le crédit: facilités et surendettement |
Agriculteurs ou pêcheurs, ils ont besoin d'argent pour l'achat de semences, d'engrais, d'insecticides, ou d'outils de pêche à des périodes précises. Les petits commerçants ont besoin d'un petit fonds de roulement. Dans le passé leur accès au crédit bancaire était difficile, et le recours aux usuriers leur coûtait 10 ou 20% par mois! Aujourd'hui 10-20% de la population sont peut-être encore dans cette situation.
Pour la grande majorité, c'est le scénario inverse. La politique volontariste du gouvernement et de la banque agricole mène au surendettement. Un prêt est remplacé par un autre, toujours plus important. La banque garde le titre de propriété en garantie, et s'intéresse peu au remboursement du capital, et collecte les intérêts, de l'ordre de 10%/an. L'épargne bancaire est quasi nulle car la banque n'aime pas gérer les petits montants.
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| Les ruraux: défavorisés |
L'élevage vivrier est pratiqué par beaucoup de familles, à petite échelle. Dans ces villages éloignés, les vaccins et les aliments coûtent cher, mais surtout les connaissances techniques sont insuffisantes. Les animaux sont souvent laissés en liberté et sont ainsi vulnérables aux moindres épidémies, tout en étant une menace supplémentaire pour l'hygiène. On estime que dans les coins reculés, 1/3 des animaux sont vendus malades, à prix réduit.
23% des Viêtnamiens n'ont pas accès a une source d'eau potable. L'eau manque parfois pendant la période sèche et celle des puits est généralement polluée.
Les services de santé et d'éducation sont bien inférieurs dans les campagnes. Il en résulte une grave inégalité: un enfant qui fait ses études à la campagne n'a quasi aucune chance d'être admis à l'université. Il faut que ses parents lui permettent la dernière ou plusieurs années en ville, au coût de plusieurs fois le revenu familial chaque mois, pour une famille pauvre. Or l'agriculture ne peut plus employer tous les ruraux, bientôt plus de la moitié d'entre eux devra trouver autre chose! Les plus pauvres, environ 10% de la population, vivent dans une grande précarité. Souvent ils ont du vendre leurs terres suite à un accident ou une maladie chronique. Les enfants abandonnent l'école parfois avant la fin du primaire, ils sont sous-nutris.
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